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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 22:22

 

l'apprentissage de l'oraison

par Saint François de Sales


Saint François de Sales, docteur de l'Église Catholique (1567 - + 28 décembre 1622)
Ce texte est écrit en vieux français.

«  Mais vous ne savez peut-être pas, Philothée, comment il faut faire l'oraison mentale, car c'est une chose que, par malheur, peu de gens savent en notre âge. C'est pourquoi je vous présente une simple et brève méthode pour cela. »

a) Se mettre en présence de Dieu

b) Invoquer Dieu

c) Entrer dans le mystère par l'imagination

d) De l'imagination à l'intelligence : la considération

e) De l'intelligence à la volonté

f) Toujours privilégier le mouvement de l'amour dans l'oraison

g) De la prière à l'action

h) L'oraison continue au-delà du temps d'oraison : aspiration et retraite spirituelle

 

a) Se mettre en présence de Dieu :

      « Le premier [moyen pour se mettre en présence de Dieu] consiste en une vive et attentive appréhension de la toute présence de Dieu, c'est-à-dire que Dieu est en tout et partout, et qu'il n'y a lieu ni chose en ce monde où Il ne soit d'une très aimable présence... Car encore que nous sachions bien qu'Il est présent en toutes choses, si est-ce que n'y pensant point, c'est tout comme si nous ne le savions point. C'est pourquoi toujours, avant l'oraison il faut provoquer notre âme à une attentive pensée et considération de cette présence de Dieu...

      Le second moyen de se mettre en cette sacrée présence c'est de penser que non seulement Dieu est au lieu où vous êtes, mais qu'Il est très particulièrement en votre coeur et au fond de votre esprit, lequel Il vivifie et anime de sa divine présence, étant là comme le coeur de votre coeur et l'esprit de votre esprit...

      Le troisième moyen, c'est de considérer notre Sauveur, lequel en son humanité regarde depuis le ciel toutes les personnes du monde, mais particulièrement les chrétiens qui sont ses enfants, et plus spécialement ceux qui sont en prière.

      La quatrième façon consiste à se servir de la simple imagination, nous représentant le Sauveur en son humanité sacrée comme s'Il était près de nous...

      Vous userez donc de l'un de ces quatre moyens, pour mettre votre âme en la présence de Dieu avant l'oraison; et il ne faut pas les vouloir employer tous ensemble, mais seulement un à la fois, et cela brièvement et simplement.. (Introduction à la Vie dévote, II, 2 (III, pp. 73-76)     

 

b) Invoquer Dieu

      L'invocation se fait en cette manière : votre âme, se sentant en la présence de Dieu, se prosterne en une extrême révérence, se connaissant très indigne de demeurer devant une si souveraine Majesté, et néanmoins sachant que cette même Bonté le veut, elle lui demande la grâce de la bien servir et adorer en cette méditation... (Introduction à la Vie dévote, II, 3 (III, p. 77)      


c) Entrer dans le mystère par l'imagination

      ...[Ensuite] proposer à son imagination le corps du mystère que l'on veut méditer, comme s'il se passait réellement et de fait en notre présence. Par exemple, si vous voulez méditer Notre-Seigneur en croix, vous vous imaginez d'être au mont du Calvaire et que vous soyez ce qui se fit et se dit au jour de la Passion ; ou, si vous voulez, car c'est tout un, vous vous imaginerez qu'au lieu même où vous êtes se fait le crucifiement de Notre-Seigneur, en la façon que les évangélistes le décrivent...

      Par le moyen de cette imagination, nous enfermons notre esprit dans le mystère que nous voulons méditer, afin qu'il n'aille pas courant ça et là, ni plus ni moins que l'on enferme un oiseau dans une cage, ou bien comme l'on attache l'épervier à ses longes, afin qu'il demeure dessus le poing. Quelques-uns vous diront néanmoins qu'il est mieux d'user de la simple pensée de la foi et d'une simple appréhension toute mentale et spirituelle, en la représentation de ces mystères, ou bien de considérer que les choses se font en votre propre esprit; mais cela est trop subtil pour le commencement, et jusques à ce que Dieu vous élève plus haut, je vous conseille, Philotée, de vous retenir en la basse vallée que je vous montre. (Introduction à la Vie dévote, II, 4 (III, pp. 78-79)



d) De l'imagination à l'intelligence : la considération

      Après l'action de l'imagination s'ensuit l'action de l'entendement que nous appelons méditation, qui n'est autre chose qu'une ou plusieurs considérations faites afin d'émouvoir nos affections en Dieu et aux choses divines : en quoi la méditation est différente de l'étude et des autres pensées et considérations, lesquelles ne se font pas pour acquérir la vertu ou l'amour de Dieu, mais pour quelques autres fins et intentions, comme pour devenir savant, pour en écrire ou disputer.

      Ayez donc enfermé votre esprit, comme j'ai dit, dans l'enclos du sujet que vous voulez méditer, ou par l'imagination, si le sujet est sensible, ou par la simple proposition s'il est insensible, vous commencerez à faire sur icelui des considérations. ... Que si votre esprit trouve assez de goût, de lumière et de fruit sur l'une des considérations, vous vous y arrêterez sans passer plus outre, faisant comme les abeilles qui ne quittent point la fleur tandis qu'elles y trouvent du miel à recueillir.

Mais si vous ne réussissez pas selon votre souhait en l'une des considérations, après avoir un peu marchandé et essayé, vous passerez à une autre ; mais allez tout bellement et simplement en cette besogne, sans vous y empresser. (Introduction à la Vie dévote, II, 5 (III, pp. 79-80)

Amour de Dieu

e) De l'intelligence à la volonté

      La méditation répand des bons mouvements en la volonté ou partie affective de notre âme, comme sont l'amour de Dieu et du prochain, le désir du paradis et de la gloire (éternelle du Ciel), le zèle du salut des âmes, l'imitation de la vie de Notre-Seigneur, la compassion, l'admiration, la réjouissance, la crainte de la disgrâce de Dieu, du jugement et de l'enfer, la haine du péché, la confiance en la bonté et miséricorde de Dieu, la confusion pour notre mauvaise vie passée; et en ces affections, notre esprit se doit épancher et étendre le plus qu'il lui sera possible...

      Il ne faut pas pourtant, Philotée, s'arrêter tant à ces affections générales que vous ne les convertissiez en des résolutions spéciales et particulières pour votre correction et amendement. Par exemple, la première parole que Notre-Seigneur dit sur la croix répandra sans doute une bonne affection d'imitation en votre âme, à savoir le désir de pardonner à vos ennemis et de les aimer.

Or, je dis maintenant que cela est peu de chose, si vous n'y ajoutez une résolution spéciale en cette sorte: « Or, sus donc, je ne me piquerai plus de telles paroles fâcheuses qu'un tel et une telle, mon voisin ou ma voisine, mon domestique ou ma domestique, disent de moi, ni de tel et tel mépris qui m'est fait par celui-ci ou celle-là; au contraire, je dirai et ferai telle et telle chose pour le gagner et adoucir, et ainsi des autres. » Par ce moyen, Philotée, vous corrigerez vos fautes en peu de temps, là où par les seules affections vous le feriez tard et malaisément.

(Introduction à la Vie dévote, II, 6 (III, pp. 80-81)



f) Toujours privilégier le mouvement de l'amour dans l'oraison

      Il vous arrivera quelquefois que tout de suite après la préparation, votre affection se trouvera toute émue en Dieu ; alors, Philotée, il lui faut lâcher la bride, sans vouloir suivre la méthode que je vous ai donnée; car bien que pour l'ordinaire la considération doit précéder les affections et résolutions, si est-ce que le Saint Esprit vous donnant les affections avant la considération, vous ne devez pas chercher la consolation, puisqu'elle ne se fait que pour émouvoir l'affection.

Bref, toujours quand les affections se présenteront à vous, il les faut recevoir et leur faire place, soit qu'elles arrivent avant ou après toutes les considérations.  

(Introduction à la Vie dévote, II, 8 (III, p. 85)



g) De la prière à l'action

      Ceux qui se sont promenés en un beau jardin n'en sortent pas volontiers sans prendre en leur main quatre ou cinq fleurs pour odorer et tenir le long de la journée : ainsi notre esprit ayant discouru sur quelque mystère par la méditation, nous devons choisir un, ou deux, ou trois points que nous aurons trouvés plus à notre goût, et plus propres à notre avancement, pour nous en ressouvenir le reste de la journée et les odorer spirituellement. Or, cela se fait sur le lieu même auquel nous avons fait la méditation, en nous y entretenant ou promenant solitairement quelque temps après.

      Rappelez le plus souvent que vous pourrez parmi la journée votre esprit en la présence de Dieu par l'une des quatre façons que je vous ai marquées ; regardez ce que Dieu fait et ce que vous faites : vous verrez ses yeux tournés de votre côté, et perpétuellement fichés sur vous par un amour incomparable. (Introduction à la Vie dévote, II, 12 (III, p. 91)



h) L'oraison continue au-delà du temps d'oraison : aspiration et retraite spirituelle

      On se retire en Dieu parce qu'on aspire à Lui, et on y aspire pour s'y retirer; si que l'aspiration en Dieu et la retraite spirituelle s'entretiennent l'une l'autre, et toutes deux proviennent et naissent des bonnes pensées.

      
Aspirez donc bien souvent en Dieu, Philotée, par des courts mais ardents élancements de votre cœur : admirez sa beauté, invoquez son aide, jetez-vous en esprit au pied de la croix, adorez sa bonté, interrogez-le souvent de votre salut, donnez-lui mille fois le jour votre âme, fichez vos yeux intérieurs, sur sa douceur, tendez-lui la main, comme un petit enfant à son père, afin qu'il vous conduise...

      Or, en cet exercice de la retraite spirituelle et des
oraisons jaculatoires (= « C’est un élancement amoureux et enflammé du cœur et de l’esprit, par lequel l’âme se surpassant et surpassant toute chose créée, va s’unir étroitement à Dieu. » (Jean de Saint Samson) - Cela vient du mot latin "jaculum" qui veut dire flèche, javelot. C'est une prière très brève, un cri du coeur qui s'élance vers Dieu. Le but des oraisons jaculatoires est l'union de l'âme avec Dieu.) réside la grande oeuvre de la dévotion : il peut suppléer au défaut de toutes les autres oraisons, mais son manquement ne peut presque point être réparé par aucun autre moyen. Sans lui, on ne peut pas bien faire la vie contemplative, et ne saurait-on que mal faire la vie active ; sans lui, le repos n'est qu'oisiveté, et le travail, qu'embarrassement; c'est pourquoi je vous conjure de l'embrasser de tout votre coeur, sans jamais vous en départir. »

(Introduction à la Vie dévote, II, 13 (III, pp. 94, 100)

(source : http://missionweb.free.fr/meditation.php?contenu=meditation/faire_oraison)

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  • Dieu aura éprouvé bien des fois l'âme qui veut L'imiter en tout, notamment dans la patience, par des humiliations de plus en plus fortes. Au début l'âme ne comprendra pas que Dieu l'appelle à la patience. Mais si l'âme s'applique à de

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