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5 septembre 2011 1 05 /09 /septembre /2011 22:39

 Amour de Dieu

Frère Elie : le récit de sa vocation religieuse

Mais quelle est donc cette «maladie»?

 

« Frère Elie Cataldo est un homme de petite stature, portant souvent une barbichette à peine marquée sur un visage tout en rondeur, avec deux yeux vifs et scrutateurs.

En mars 2004, il nous a accueillis dans son couvent en restauration et il a accepté de répondre à mes questions. »

« Frère Elie, quelles sont vos origines?
Mes parents Cataldo avaient déjà accueilli cinq filles et deux garçons quand je suis né, le 20 février 1972, à Francavilla Fontana. Ils étaient loin de se douter des desseins particuliers de Dieu sur moi, et ils mettront longtemps avant de comprendre pourquoi j’étais “malade” à chaque Carême au point de ne pouvoir manger.
Dans cette belle campagne des Pouilles, au milieu de ma grande famille chrétienne de cultivateurs pauvres mais pleins d’amour, j’ai eu une enfance heureuse. Mon père m’a enseigné tous les travaux de la terre depuis tout petit. En troisième élémentaire, l’après-midi, j’accompagnais mon frère et nous allions sarcler la vigne.
Votre famille chrétienne vous a donc éveillé très tôt à la foi?
Chaque dimanche, j’allais à la messe et je servais comme enfant de chœur. J’ai rencontré le Seigneur très tôt; je L’avais dans le cœur. Trois fois par semaines, avec le groupe des jeunes garçons, nous nous retrouvions à l’oratoire paroissial. Nous étions toujours une dizaine à taper dans le ballon, à jouer à colin-maillard... Ensuite chacun a suivi sa route… la drogue pour certains… Je ne pouvais savoir, quant à moi, ce que le Seigneur m’avait préparé.
Marie Jésus et AngesVous souvenez-vous de votre première expérience spirituelle marquante?
A l’âge de sept ans, je jouais avec mes cousins et neveux. Je suis allé me cacher dans la chambre de mes parents quand je suis resté ébloui: j’ai vu des anges qui tournaient dans une intense lumière; je les regardais tourner sans cesse. Alors, je suis allé appeler maman qui était en train de faire du pain, pour qu’elle aussi les voie. Mais elle m’a donné une petite frappe à la tête en me disant: «Mais qu’est-ce que tu vois, povero!»
Durant la période de carême, je restais toujours au lit. J’étais toujours malade, comme encore maintenant. Mes parents me portaient à l’hôpital, et on me mettait sous perfusion pendant ces quarante jours. Ils disaient que j’étais mal nourri. Mais ni ma mère ni moi-même ne pouvions savoir de quoi il s’agissait. Plus tard, à l’âge de treize ans, j’ai même été sur le point de mourir.
Cette “maladie” était-elle permanente?
Non, le Samedi-Saint au soir, après la visite de l’ange, j’étais déjà bien. Et le dimanche j’étais tout à fait guéri.
Jusqu’à l’année suivante?
De nouveau je tombais malade à l’entrée du Carême. Je souffrais des mains et des pieds avec de la fièvre. Ni maman ni personne ne parvenait à saisir ce qui m’arrivait. Personne n’en a eu la moindre idée. Les docteurs eux-mêmes ne réussissaient pas à comprendre ce que j’avais. Je ne parlais pas, j’étais mal, je ne mangeais pas et je
passais 40 jours sous perfusions. Adolescent, je pensais avoir une forme de grippe.
C’est mystérieux, ça!
Mystérieux, mais vrai. Maman qui vit toujours en témoigne. Maintenant elle dit: «Voilà pourquoi, quand on allait chez quelques spécialistes, qu’on te portait ici et là, ils disaient: ce garçon est sain, il n’est pas malade. Mais personne ne parvenait à comprendre la raison de cette “maladie”».
La manière de faire de Dieu est étonnante!
Oui, et quand j’ai découvert ce que c’était, j’étais au noviciat. A l’âge de 12 ans, je voulais entrer au couvent, je l’ai annoncé aux frères capucins. Les frères ont rendu visite à ma famille, mais ma mère n’a pas voulu que je parte. J’ai arrêté l’école à 15 ans et j’ai
travaillé dans les champs avec ma famille. Puis j’ai fait une requête pour un emploi à la poste. J’ai passé un concours et, après une période d’essais, ils m’ont embauché à Milan où j’avais mon oncle; je n’étais pas seul. Plus tard, je me suis logé seul. Chaque jour, à 5 heures, j’allais à l’église pour prier le chapelet et suivre la messe.
A la poste, il manquait un caissier. J’ai repassé un concours, et ils m’ont mis au guichet, pour les paiements et recouvrements… Je me souviens qu’à cause d’une erreur, j’ai dû mettre 100’000 lires de ma poche!
De fait, durant ces trois années où je travaillais à la poste, pendant le Carême, j’étais mal, je tombais à terre, on me conduisait aux urgences. Une fois le médecin m’a dit que j’avais une lésion cérébrale, mais à midi, la lésion avait disparu! Je ne parvenais plus à
travailler. «Mais que t’arrive-t-il?», me disait-on. Je me souviens qu’un jour où j’étais en train de conduire, j’ai senti que la tête me tournait… Et j’ai fait les 40 jours du Carême à l’hôpital sous perfusions.
Un jour de 1985, le directeur me dit: «La postière est malade, porte un paquet au couvent des Frères capucins à Milan. J’y suis allé et j’ai trouvé les Frères. Pour moi cela a été une grande joie quand ils m’ont ouvert leur porte; il me semblait que j’étais chez moi. De fait, il y avait en moi une attente que j’ignorais. Le silence, l’accueil… deux heures sont vite passées. Vers 17 h, je suis rentré. Le directeur était furieux! Mais moi j’étais heureux parce que j’avais trouvé ce que je n’avais pu avoir quand j’étais enfant. Cependant, je ne me sentais pas prêt pour entrer, mais je priais.

Dans un premier temps, je suis entré comme familier et, pendant six mois, j’ai réfléchi et j’ai vu que j’avais l’appel intérieur. Alors j’ai fait deux années de postulat, puis douze années de couvent avec des vœux simples que je devais renouveler chaque année.
Durant le noviciat, je ne comprenais toujours pas. Mais j’avais le corps couvert de gros bleus, comme quand on te frappe. Je me demandais si je ne forçais pas trop sur les mains. Mais déjà enfant, sitôt les Cendres, j’avais mal aux mains… ainsi qu’aux cous-de-pied. C’est comme du feu. Voyez quand je fais comme ça (le frère appuie sur son poignet), c’est tout de suite noir. La coupure part d’ici à là.
Chaque jeudi soir, les plaies s’ouvrent et le vendredi, elles sont toutes ouvertes. Et le dimanche, elles sont bien refermées. Après le noviciat, je ne me sentais pas bien, cela me faisait mal, ça me brûlait. Et l’infirmier me disait: «Mais quelle chose étrange tu
as toi!» Jésus photo prise par Frère Elie
Vous n’aviez pas encore compris?
Moi, je pensais que c’était le feu de saint Antoine.
C’est-à-dire?
Ce sont des plaies avec de l’eau qui me brûlaient. Cela me faisait mal à me rendre fou; et je pleurais tellement je souffrais.

Finalement on a appelé une dame, une amie, Mamma Anna, qui s’est écriée en arrivant: «Mais qu’est-ce que tu as? tu me rends folle!» J’ai retiré mon vêtement et j’ai dit: «regarde là et là ce que j’ai… je n’arrive pas à comprendre.» Je n’avais même plus la force de prendre une bouteille à la main et de tourner le poignet pour verser, tellement cela me faisait mal… Elle me conseilla d’aller voir un médecin, tandis que mon ami, le Frère infirmier, murmura: «Espérons que ce ne sont pas les choses auxquelles je pense!» Je lui demande: «Mais à quoi penses-tu? Je n’en viendrais pas à bout?»
Il me répond: «Non, non, espérons.»

Trois jours plus tard, je le croise dans le corridor, je l’arrête et lui dis: «Ecoute, Philippe, dis-moi la vérité, qu’est-ce que j’ai? Que penses-tu?» Je pensais, moi, à une maladie comme une tumeur ou à ce feu de saint Antoine. Et lui me dit: «Ce sont les stigmates!» Quand il m’a dit cela, il m’a rendu confus: «Mais comment? Cela, des stigmates? Cela, moi je l’ai depuis toujours!» «Cela, ce sont des stigmates!» Je me suis dit: «Celui-là, il est fou!» Et il me dit: «Va voir ton Père spirituel, va lui parler.» Je ne voulais pas de ça, je ne le croyais pas, j’ai combattu. Voir le Père spirituel? Mais qu’est-ce que je devais lui dire? Je devais commencer une ouverture et lui parler. Je voulais entamer le dialogue. Mais je ne pouvais pas arriver en disant: «Regarde, ce que j’ai là!» Je tournais et cherchais à lui parler de ça. Alors je lui ai demandé: «Padre Natale, vous y croyez vous, aux apparitions?» Et lui m’a répondu: «Que cherches-tu! Tu ne dois pas croire à ces
choses-là!» D’entendre cela, le monde m’est tombé dessus! Je ne me suis pas senti compris.
Le Frère Serge, un confrère qui maintenant est devenu prêtre diocésain à Gênes… m’a aidé en tout et pour tout. Il me disait de rester calme, de prier...
Je ne l’ai pas accepté tout de suite, j’ai lutté presque une année avant de finir par dire:
«Si c’est ce que veut le Seigneur, je l’accepte.»
Au monastère, quand je m’évanouissais et tombais à terre, ils me prenaient, me tiraient et me laissaient à terre dans ma chambre. Je pouvais rester trois jours ainsi sans avoir la force de me relever.
Votre frère infirmier qui a diagnostiqué vos stigmates n’a-t-il rien dit?
Non, il est rentré à Gênes, parce qu’il était de cette province. J’étais dans la province Lombarde, qui recevait des frères des diverses provinces pour leur formation. Mais ensuite, ce frère a donné son témoignage... Finalement, ce sont les autres qui m’ont fait
comprendre que c’étaient des stigmates.
Donc le Seigneur ne vous a pas fait prévenir, comme par exemple pour Marthe Robin, quand sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus est venue dans sa chambre l’avertir…
Moi, je voyais la Madone.
A ce moment?
Non, je veux dire même quand j’étais petit et que je jouais avec mes amis, et mes cousins, je voyais la Madone, et je le leur disais. Mais mes cousins prenaient toujours ça à la rigolade, comme un jeu. Cependant je les emmenais prier à l’église.
Donc vous avez toujours eu ces visites.
Oui.
Et vos parents vous croyaient?
Non, ils disaient: «celui-là, il va toujours à l’église, c’est son truc…»
Mais vous, vous voyiez la Madone.Marie et l'Enfant Jésus
Oui, quand je la voyais, elle me souriait et me faisait prier; elle me disait: «Prions» et je priais. Après, elle me disait: «Prions pour tes amis. C’est bien que tu les portes.»
Mes cousins venaient avec moi et je leur disais: «Je viens avec vous, mais vous, venez d’abord avec moi prier à l’église.»
La Madone, vous souvenez-vous de la première fois que vous l’avez vue?
Oui, bien sûr, je me souviens que nous jouions à cache-cache ; je suis tombé du toit, et elle m’a donné la main et elle m’a dit: «Fais attention! — Puis elle ajouta, après— viens me retrouver, nous devons prier.»
Et qu’avez-vous pensé de cette rencontre inhabituelle?
Comme mes amis ne me croyaient pas, je ne disais plus rien à personne et je me cachais pour prier.
Et votre méditation personnelle?
C’était au jour le jour, elle me faisait marcher de l’avant.
Parce qu’elle est venue souvent?
Oui, oui, je la voyais tous les jeudis.
Comme une enfant?
Je la voyais comme… (où est mon sac?) J’ai une photo de la Madone, qui m’est personnelle. Après l’interview, je te la ferai voir (mais après, nous avons oublié!).
Comment est-elle?
Très belle, elle était très heureuse, toujours souriante
Donc la Madone vous a accompagné...
Elle m’enseignait à prier, à faire mon acte de contrition, à prier pour les autres, à prier pour tous ceux qui ne savent pas prier, à m’extraire et à me retirer seul, dans le silence; elle m’enseignait à réfléchir, elle m’enseignait à donner un sourire à quelqu’un qui
souffre, à le toucher pour lui faire comprendre qu’il n’est pas seul.
Elle vous donnait aussi des conseils pratiques, fais ceci, pas cela…?
Non. Uniquement des conseils sur la prière.
Et quand vous faisiez quelque chose de mal?
Elle me tirait les oreilles et me disait des fois que je ne devais pas faire ces choses, que je ne devais pas raconter de mensonges. Je lui disais que ma maman ne me croyait pas du tout. «Cela ne fait rien! Même si ta maman ne te croit pas, ta maman ne sait pas. Et toi ne lui dis rien. Mais, prie, parce que oui, un jour, ta maman comprendra.»
Alors je n’ai plus rien dis, d’ailleurs je suis secret. Si je ne dois rien dire, je ne dis absolument rien.
Donc vous avez eu dès l’enfance une familiarité régulière avec la Madone?
Oui.
Elle vous guide toujours?

Toujours!
De quelle façon la voyez-vous, sous quel mode, c’est une vision…?
Et vous? Comment voyez-vous une personne quand vous lui prenez la main? Je la vois comme je vous vois ! C’est ça. Comme je vous vois.
Et vous avez aussi des locutions?
Oui. Seulement avec la Madone, ou aussi avec Jésus…
Quelquefois mon ange se présente, d’autres fois, c’est le Seigneur, d’autres fois, la Madone… »

 

 

(source : http://www.parvis.ch/stella_maris/Sm_418/elie.html)

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