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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 20:55
  • famillechretienne.fr - 23/09/2011 Par Benjamin Coste

Le curé de la paroisse Saint-Vincent-de-Paul à Marseille connaît bien la jeunesse. Quel regard porte-t-il sur les JMJ ? Quels effets constate-t-il chez les jeunes qu’il rencontre ? Avec le franc parler qu'on lui connaît, le Père Michel-Marie Zanotti-Sorkine livre son expérience.

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© B. Coste

En tant que pasteur, comment sentez-vous la jeune génération évoluer dans son sentiment à l’égard de l’Église ?

"Je crois qu’il est difficile d’enfermer la jeunesse dans un grand tout et il ne plaît guère de la considérer comme un ensemble où les individualités perdraient leur saveur propre. Entre le jeune de banlieue qui aime Léo Ferré et Jean Ferrat (eh oui, cela existe !) et le jeune catholique de bonne famille qui tous les soirs se saoule sous un nuage de cannabis et de musique techno, il y a une distance qui frôle l’infini ! Et c’est pourquoi, si l'on voulait répondre avec justesse à votre question, il conviendrait d’interroger chaque jeune pour qu’il nous dise son sentiment sur l’Église, car celui-ci dépend évidemment de l’expérience qu’ils en ont, expérience pratique qui influe sur leur jugement bien plus que les idées reçues…

Leur amour pour l’Église est donc en grande partie dépendant de leur expérience ecclésiale et par conséquent redevable aux témoignages des prêtres qu’ils ont rencontrés, à la religieuse qui peut-être leur a fait un jour le catéchisme, autrement dit aux personnes consacrées chargées de représenter Dieu. Même si, à juste titre, on dit volontiers que tous les baptisés forment l’Église, il n’en demeure pas moins que le prêtre en est l’icône. Malheureusement, et je vous dis cela en tremblant, une simple erreur de sa part, un jugement blessant sortant de sa bouche, un accueil pas assez chaleureux, voire un désintéressement ou un mépris, un positionnement peu surnaturel, tout cela est suffisant pour écarter à jamais un être de l’Église…

Pardonnez-moi d’être aussi net dans mon jugement mais je suis convaincu que c’est le prêtre qui fait aimer l’Église ou qui la fait détester. Nous pouvons passer nos journées à dispenser aux jeunes l’enseignement le plus riche sur le mystère de l’Église et sa nécessité, cela ne sert à rien pour la faire aimer si le prêtre n'apparaît pas, au premier regard, comme un homme saisi par la foi et par le désir d'aimer… Il ne faudrait surtout pas oublier que le jeune, par nature épris d’idéal, à la recherche de lui-même, désireux de construire sa vie en la rêvant la plus belle possible, place instinctivement, très haut dans son imaginaire, le prêtre et par conséquent l’Église…

Aujourd’hui en contemplant la génération des jeunes prêtres français, je m’émerveille de ce qu’ils sont, en particulier de la densité de leur vie spirituelle et de leur soif d’annoncer Jésus dans une très grande cohérence intérieure. En vous disant cela, je n’entends pas juger la génération précédente qui, bien que férue d’intégration, désireuse d’être le levain dans la pâte, apparaît en son ensemble moins tendue vers l’annonce explicite de l’Évangile et surtout moins habitée par la volonté de faire découvrir le mystère de l’Église et la Personne de Pierre.

J’ai moi-même grandi, pourquoi le tairais-je, dans un contexte ecclésial où l’amour pour le pape n’était guère vibrant ! Il était de bon ton de dire que Rome était loin… que le pape et ses décisions pouvaient être remises en cause… que la liturgie, avant d’être universelle, devaient être le fruit de nos communautés… formatant ainsi de nombreux chrétiens dans une allergie viscérale envers ce qu’ils appelaient, du haut de leurs points de vue personnels, « l’Église-institution », et c’est ainsi, entre autres, que dans notre pays, l’amour pour l’Église s’est affadi.

Aujourd’hui les cartes sont redistribuées. Pour la majorité des jeunes prêtres de notre pays, l’intégration au monde ne va pas sans identité sacerdotale franchement manifestée. Il faut dire aussi que le bienheureux Jean-Paul II a balayé de son témoignage lumineux une grande partie de ces idées délétères sur l’Église, venues d'une base en crise. Quoi que l’on puisse en penser aujourd'hui, l’image du prêtre s’est renouvelée en s’enracinant davantage dans la grande tradition héritée du témoignage des saints tels que le curé d’Ars, saint Jean Bosco, saint Maximilien Kolbe, saint Padre Pio. Et c'est incroyable de voir à quel  point ces grandes figures travaillent à faire aimer l’Église ; les jeunes d’aujourd’hui sont d'ailleurs toujours emballés par le récit de leurs vies. En outre, l’Esprit-Saint a suscité en ces dernières années de nombreuses communautés sacerdotales à la fois ardentes et priantes qui lentement mettent en place l’articulation prêtre-laïcs qui donne à l’Église son rayonnement et par conséquent son efficacité.

Les fidèles qui comprennent de mieux en mieux leur mission (non pas de gardiens du temple mais de transmetteurs d’Évangile là où ils vivent) contribuent à leur tour à faire aimer l’Église par leur bonté, leur foi et leur esprit de liberté. Les jeunes d’aujourd’hui ont donc beaucoup de chance de bénéficier de ce beau climat spirituel et humain qui ne laisse désormais que très peu de place à la lutte idéologique. Il est donc normal que l’on observe aujourd’hui dans la jeunesse un amour plus profond pour l’Église.


Selon vous les J.M.J contribuent-elles à une vision plus aimante de l’Église ? Si oui, comment ?

Bien sûr, les Journées Mondiales de la Jeunesse qui sont une invention du Saint-Esprit travaillent à l’établissement du règne de Dieu sur la terre et par conséquent à l’amour de l’Église car c’est par elle que le Royaume se construit. Quand un million de jeunes, avec le sourire sur le visage et la joie dans la voix, se retrouvent dans une capitale du monde, certes, pour le Christ mais aussi pour voir passer la voiture du pape et apercevoir son humble visage, nous sommes devant une évidence : l’Église n’est pas morte dans le cœur de la jeunesse qui, bien que consciente qu’elle forme l’Église avec tous les baptisés, l’identifie au souverain pontife. Pour eux, le pape c’est l’Église !

J’ai été frappé au retour de Madrid d’entendre de nombreux jeunes parler de la simplicité, de la bonté, de la délicatesse de cœur et même de la tendresse de notre pape. Notamment, ils ont été profondément touchés par les mots très paternels qu’il leur a adressés le matin, juste avant la messe de clôture : « J’ai beaucoup pensé à vous en ces heures durant lesquelles nous ne nous sommes pas vus. J’espère que vous avez pu dormir un peu en dépit de la rigueur du temps… ». Mais aussi au-delà de cette humanité palpable, j’ai senti chez eux à quel point ils ont vibré lorsque le pape, lors de la veillée, leur a dit : « Soyez fiers d’avoir reçu le don de la foi, appuyez-vous sur la foi de l’Église. Le Christ seul peut répondre aux aspirations que vous portez en vous ».

Ce double mouvement, à la fois humain et spirituel, servi sur un ton convaincu est exactement ce qui convient à la jeunesse d’aujourd’hui en mal de repères et de pères. Les évêques qui, dans cette même lumière, ont accompagné leurs jeunes diocésains en Espagne – je pense notamment à Monseigneur Pontier qui a dormi avec les jeunes sans les quitter un seul instant – ont permis, même s’ils l’ont fait par pur amour, à l’Église d’être davantage aimée.
Je suis convaincu que l’amour pour l’Église est en train de croître dans le cœur de la jeune génération et que le lynchage médiatique qu’elle subit parfois, et même souvent, ne fera qu’attiser cet amour auquel Marie, du haut du Ciel, j’en suis sûr, travaille de toutes ses forces. Il faut simplement pour aider la Mère de Dieu dans cette tâche, que ceux qui « appartiennent à la boutique » : prêtres, religieux, religieuses et fidèles, se proclament et se montrent indéfectiblement unis au Saint-Père et participent ainsi à l’embellissement du visage concret de l’Église. Notre avenir passe par là.

Une mention spéciale pour Monseigneur Léonard, Archevêque de Malines-Bruxelles qui a littéralement subjugué les jeunes qui ont participé à sa dernière catéchèse et qui, sans slogans ni démagogie, enveloppant la vérité dans une immense paternité, a ravi leur cœur en montrant la nécessité de l’Église pour conduire l’humanité à épouser la sagesse du Christ et à en vivre. Comme vous le voyez, nous n’en sortirons pas, l’Église ne peut être découverte et aimée qu’à travers ses membres consacrés qui la rende visible et attirante."

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