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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 23:04

 

Saint Philippe Neri (1515 – 1595) – fêté le 26 mai

 

source : http://www.paris.catholique.fr/Qui-etait-saint-Philippe-Neri.html

http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1227/Saint-Philippe-Neri.html

 

« Florentin de naissance, il passa les trois-quart de sa vie à Rome et y devint si populaire et d'une sainteté si universellement reconnue qu'il deviendra, après saint Pierre, un second patron de la Ville Éternelle.

Il présente cette étonnante combinaison d'une piété nourrie des Pères du Désert, martyrologe romain,

 Pour sauver du mal la jeunesse, il fonda l’Oratoire, où les leçons spirituelles succédaient aux chants et aux œuvres de charité (des soirées de très pieuses mais très libres et très joyeuses méditations dont il était l'Saint-Philippe-Neri-01.jpganimateur) et il s’illustra par son amour du prochain, sa simplicité évangélique et son cœur plein de joie, dans un zèle extrême et un fervent service de Dieu.

avec un ministère actif, spécialement auprès de la jeunesse. Chez lui, la bonne humeur, voire l'hilarité, s'allie à l'évangélisme le plus limpide. S'étant laissé élever à la prêtrise, il y gagna les plus fervents de ses jeunes convertis.

 

 

Ce saint étonnant qui allie à la culture la plus raffinée une sainteté évangélique et une bonne humeur qui ne se refuse pas à la mystification, enchantera ses compatriotes contemporains puis ravit en France, au siècle suivant, ceux qui fonderont à leur tour l'Oratoire de France : le futur cardinal de Bérulle et le Père de Condren. Et si même un sceptique aussi inguérissable que Goethe a pu se sentir un dévot de saint Philippe sans en arriver à partager la foi, il est tout aussi typique qu'un grand universitaire d'Oxford, J.H. Newman, converti, lui, pour de bon, n'ait pas cru pouvoir se mettre à une autre école que celle de saint Philippe Néri.

Pour son action auprès des jeunes et sa gaieté contagieuse il fut, avec Saint François de Sales, l'un des saints préférés de Saint Jean Bosco.

«Que la joie dans le Seigneur augmente toujours. Que la joie selon le monde diminue toujours jusqu’à ce qu’elle disparaisse. Je ne dis pas cela parce que, vivant en ce monde, nous ne devrions jamais nous réjouir. Mais afin que, même vivant en ce monde, nous soyons joyeux dans le Seigneur.» (saint Philippe Néri)

 

Philippe n’est pas natif de Rome mais de Florence où il a vu le jour en 1515. Toute sa vie, Philippe restera un florentin dans l’âme, bien qu’il ait quitté sa ville natale à 16 ans pour ne plus jamais y revenir.

Sur le chemin du départ de Florence, Philippe a déchiré l’arbre généalogique que son père lui avait remis ! Il quitte ainsi son pays et sa parenté. Cependant jamais il ne reniera ce qu’il doit à Florence : une foi vibrante et chaleureuse, une foi construite et sereine, née de la fréquentation des Dominicains de San Marco, le couvent enluminé des peintures de Fra Angelico ; un amour ardent de Jésus comme Savonarole qu’il admire particulièrement ; un grand humour ou plutôt l’art de regarder toute chose du bon côté ; un grand amour de la République. (R.P. Jacques Bombardier)

 

Philippe Néri, un ermite dans Rome

En 1532, Philippe arrive à Rome, après un bref séjour chez son oncle commerçant à San Germano, près du Mont Cassin. Très vite dégoûté par le commerce, Philippe mûrit sa vocation dans les solitudes de Gaëte, au bord de la Mer, dans ces rochers fendus, dit la légende, au moment de la mort du Christ sur la Croix. Il fréquente aussi les moines bénédictins du Mont Cassin.

Quand il arrive dans la Ville Sainte, il va vivre comme un ermite ( il y en a beaucoup dans la Rome de cette époque) pendant au moins 10 ans : logé chez un compatriote florentin, le directeur des douanes Caccia dont il aide les fils dans leur éducation, Philippe va d’église en église, prie et soigne les malades à l’hôpital, en particulier à l’hôpital St Jacques des Incurables. Pendant une année au moins, il suit des cours de philosophie et de théologie à l’université romaine.
Il passe la nuit dans les catacombes St Sébastien au milieu de la campagne romaine, tout près des martyrs : dans l’Eglise tiède, divisée, païenne de son temps, Philippe a besoin de frères ardents ; en attendant de les trouver parmi les jeunes romains, Philippe les rencontre dans les catacombes auprès des tombes des martyrs pour la foi et le nom de Jésus. C’est dans ce lieu fréquenté assidûment chaque nuit que se situe l’événement marquant de la vie intérieure de St Philippe : la Pentecôte de 1544. « Philippe avait aussi pour habitude quotidienne de prier spécialement le St Esprit et de lui demander en toute humilité ses grâces et ses dons....Tandis qu’il priait ainsi un jour de l’an 1544 avec grande ardeur, il sentit soudain dans son coeur une telle explosion du grand amour du St Esprit qui le submergeait, que le coeur se mit à battre si fort dans sa poitrine qu’on pouvait l’entendre du dehors.» Cette expérience de l’amour emplit Philippe d’une joie folle, «  une joie qui lui vient tout entière de l’amour de Dieu. »

 

Philippe, l’apôtre laïc de Rome

Durant la journée, St Philippe est aussi l’homme du « Forum », de la place publique, de la conversation. C’est un apôtre ardent. La ville de Rome où St Philippe arrive en 1532 est un véritable chantier de reconstruction : le traumatisme du Sac de 1527 marque encore les esprits de manière très vive sans avoir produit tous les fruits de conversion qu’on aurait pu en attendre ! Tout reprend un peu comme avant et les moeurs des fidèles, jeunes en particulier comme des membres de la hiérarchie de l’Eglise demeurent païennes.

Des palais se reconstruisent plus magnifiques encore !
Et c’est sans le savoir, sans le vouloir même, - car St Philippe vit sans projet peaufiné à l’avance- dans la fidélité à son inspiration intérieure qu’il va inventer sa manière à lui, toute particulière et toute originale d’entreprendre la nouvelle évangélisation de la société romaine de son temps.
« A la rencontre du paganisme renaissant et de ses séductions subtiles, il s ’avancera sans autre arme que la séduction plus puissante encore de la pureté et de la vérité. » (Père Louis Bouyer: Un socrate romain p.23). Saint-Philippe-Neri-02.jpg

L’entreprise était délicate: mais avec une simplicité en apparence si désarmée, « sa scandaleuse méthode fera de lui l’apôtre victorieux de la Rome paganisée. »(p 26).
St Philippe laisse à tous l’accès immédiat de sa pensée et de son coeur. Il a le contact facile : « De la foule qui fait cercle, on l’appelle et il répond sans se lasser, à l’un d’un bon mot, à l’autre d’un geste complice de sa main diaphane. Il a un sourire tout prêt pour chacun et qui n’est le même pour personne» (p.11) .

Il va droit à cette jeunesse dont il se sent parent et qu’il sent perdue pour le Christ afin de lui faire voir l’incomparable beauté du Seigneur. « Le voici donc, comme Socrate encore une fois, semblant n’avoir jamais rien à faire que d’errer à travers le dédale des rues romaines. St Philippe n’enseigne aucune doctrine particulière, n’impose aucune pratique spéciale...c’est tout au plus s’il suggère. Mais on ne peut vivre quelque temps avec lui sans devenir autre qu’on était. De soi-même, on s’imposera les changements qu’il ne proposait même pas. Cet apostolat peu banal qui commence comme une simple amitié et qui finit de même, mais dans l’entre-deux toute la vie d’une âme s’est communiquée à une autre, c’est déjà le caractère qui restera le plus constant des méthodes oratoriennes pour autant qu’il y en aura jamais. » (p. 24-25) Loin d’être une condamnation du paganisme, sa vie fut une assomption dans la purification de la grâce, du meilleur de son temps.

 

Philippe Néri, fondateur de l’Oratorio

Toute cette expérience pastorale de St Philippe se retrouvera dans l’Oratorio, la grande oeuvre de St Philippe Dans l’Oratorio, Philippe voudra communiquer aux siens son expérience spirituelle. Pour les garder libres dans le siècle comme il l’est, il transposera de manière habituelle et commune ce qui fut son expérience personnelle. C’est ce qui explique les moyens mis en oeuvre pour les siens : les temps d’oraison et de prière silencieuse, la dévotion à l’Esprit Saint et à la Sainte Vierge, les pèlerinages aux saints, la vie fraternelle et joyeuse, ses prières jaculatoires qui disent son âme, les conseils ascétiques (en particulier la lutte contre l’amour-propre), la lecture de la vie des saints, des Pères du désert....l’échange sur le livre permettant à tous les participants de donner son avis et d’approfondir la vie spirituelle, la morale ou la doctrine et même les Laude (poésies en langue italienne mises en musique) qui serviront à exprimer la joie qui déborde des coeurs habités par l’Esprit Saint.


En effet, l’Oratorio est fondé par Philippe pour arracher ses « concitoyens de quartier » à l’oubli de Dieu, à l’ignorance, à l’aveuglement et à la séduction du péché. Sa contemplation solitaire et amoureuse de Dieu a fait naître en lui cette compassion qui le porte à tout faire pour sauver le prochain. Toute la visée de l’oeuvre est donc la conversion et la sanctification. C’est cette sanctification fraternelle qui est évangélisatrice, comme par surcroît, par émanation, par contagion ! ... sans s’en rendre compte ! C’est en vivant ainsi d’une charité parfaite que l’Oratorio attirait et évangélisait.
St Philippe n’invite pas les laïcs qui le suivent à sortir du monde (sauf ceux qui ont un appel spécifique de Dieu) ni même à changer de vêtement ou de profession, ou à se conformer à un modèle unique : il les invite à faire un tri dans leur vie, rejetant le mauvais et développant le bon, à durer dans la fidélité à Dieu grâce à l’Oratorio et à suivre chacun leur grâce.

 

Philippe Néri prêtre et fondateur de l’Oratoire

En 1551 après avoir longtemps hésité et sous la douce pression de son père spirituel, St Philippe est ordonné prêtre, à trente six ans. Il s’installe alors dans un convict de prêtres où réside déjà son père et ami Persiano Rosa., à St Jérôme de la Charité.

Philippe dit la messe de midi après avoir passé la matinée au confessionnal et s’occupe très fidèlement de son groupe de laïcs, l’Oratorio. L’oeuvre grossit rapidement: il faut quitter la chambre de Philippe où les réunions avaient commencé et s’installer dans les combles de l’église !

Puis bientôt Philippe ne suit plus, il y a trop de monde ! Alors il invite quelques-uns des plus anciens disciples à recevoir eux aussi les ordres pour se consacrer aux fidèles de l’Oratorio.

Mais ces jeunes gens acceptent à la condition de vivre avec leur père : ainsi naît en 1564-65 l’embryon de la Congrégation de l’Oratoire.
Cette fondation intéresse peu Philippe; il rédige pour ses jeunes confrères une petite règle mais ne vit pas avec eux ! Pendant toutes ces années, l’Oratorio occupe toutes les énergies de St Philippe: chaque jour, les rencontres de prière, les confessions, les directions spirituelles, les visites à domicile pour les malades, les pauvres qu’il secourt... le dimanche, la promenade avec l’oratorio et ceux qui approchent timidement le groupe et que Philippe rencontre ; chaque année, le grand pèlerinage aux Sept Basiliques qui regroupe des milliers de personnes... L’oeuvre ne va pas sans jalousie ni suspicion ni enquête en ces temps troublés de l’Eglise. St Philippe supporte avec patience mais non sans émotion !

 

Philippe Néri: la fondation définitive de l’Oratoire et la construction de la Chiesa Nuova

En 1575, St Philippe demande au Pape d’avoir une église pour son oratorio car Saint Jérôme ne suffit plus et la paroisse voisine, St Jean des Florentins, pose beaucoup de difficultés. Le Pape Grégoire XIII lui accorde l’église Ste Marie de la Valicella, à lui Philippe et, dit la Bulle papale, à la « congrégation de prêtres et de clercs séculiers nommée de l’Oratoire »: en donnant l’église, le Pape fonde la congrégation de l’Oratoire !

St Philippe entreprend alors avec ardeur malgré son âge et sa santé délicate, la reconstruction de Saint-Philippe-Neri-03-Chiesa-Nueva.jpgl’église trop petite et ruinée : il bâtit la grande église qu’est la Chiesa Nuova, l’Eglise neuve comme on appelle encore aujourd’hui. Mais lui habite toujours seul, indépendant à St Jérôme !

Il faudra un ordre exprès du pape Grégoire XIII pour qu’en 1588 St Philippe vienne habiter avec les siens dans la maison qui voisine la Chiesa Nuova.

Les dernières années de sa vie, il mène une vie assez retirée. Il est tellement ravi en extase quand il célèbre la messe qu’il ne peut plus célébrer en public ; il célèbre la messe dans une petite chapelle et prend la matinée pour célébrer les saints mystères. Il ne peut plus prêcher sans être ravi en extase : toute sa vie, Philippe dut se distraire (!) pour échapper aux extases et ainsi arriver à prêcher ou à célébrer la messe !

Bien des drôleries de son comportement s’expliquent non seulement par son humour naturel ou son amour des farces mais aussi par son désir de fuir la concentration qui conduit à l’extase, ou à donner le change de ses émotions mystiques. Et puis St Philippe fait tout pour qu’on ne le prenne pas pour un saint, convaincu qu’il est d’être un grand pécheur.
Les dernières années, il reçoit les siens et de nombreux visiteurs dans sa chambre et se retire souvent dans la petite loggia qu’il a fait construire sur le toit de la maison pour y méditer et y prier de longues heures. Ses palpitations lui donnent toujours chaud et il peut rester des heures dehors, même en hiver ! Il s’éteindra le 26 mai 1595 en paix après avoir confessé les siens tard dans la soirée et avoir annoncé calmement à son entourage l’heure de sa mort. »

 

Pour connaître davantage : Paul TURKS Philippe Néri ou le feu de la joie Bayard Editions/ Centurion 1995

Giorgio PAPASOGLI Philippe Néri, un homme dans son siècle Pierre Téqui éditeur 1991

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